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unstoppable.

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MessageSujet: unstoppable. Sam 12 Nov - 15:31

Beautiful. Crushingly so.
You look like the rest of my life.



Deyja était une ville d'aliénés, et sans doute l'endroit le plus pitoyable qu'elle ait jamais connu. Lors de sa dernière incursion au sein du royaume, la capitale de Darkmoore n'était que sable à perte de vue, serpents venimeux et tas de roches qui deviendraient un jour un gisement de pierres précieuses. Aureen, quant à elle, avait entendu parler de cette ville et jamais n'avait éprouvé le besoin de la visiter. Une envie que Lux n'eut aucun mal à comprendre maintenant qu'elle vagabondait entre ces rues malfamées. Le spectacle y était affligeant. Elle avait envisagé de rebrousser chemin plusieurs fois, mais s'était contrainte à continuer malgré l'ambiance sinistre qui dominait les lieux. Parce que quelqu'un l'appelait ici, ou tentait d'attirer son attention de la manière la plus pernicieuse permise, et qu'elle devait à son royaume d'en avoir le coeur net. Grâce à sa magie, elle pouvait encore savoir qui entrait dans son royaume lorsqu'elle ne s'y trouvait pas, et pourquoi. Erendieren se remplissait de jour en jour, mais ces temps-ci, les arrivées étaient différentes. Elle pouvait sentir dans ses propres tréfonds que beaucoup des nouveaux résidents étaient là sans aucune raison valable. Que leurs vies s'étaient arrêtées net, et qu'il n'y avait parmi eux que des personnes foncièrement honnêtes, en santé, et en aucun cas mêlées à un conflit dont l'issue pouvait s'avérer mortelle. D'ordinaire, et pour la moindre personne qui jouissait du droit de pénétrer à Erendieren, elle pouvait ressentir, prédire leur mort avant que celle-ci ne soit venue les cueillir. Comme un pressentiment, un avertissement en amont qu'elle n'avait jamais su expliquer. Pourtant, aucun des derniers admis à Erendieren n'avait rencontré la mort de façon naturelle. Ils l'avaient plutôt pris en pleine figure, et elle avait souffert avec eux sans y être préparée. Une sensation qui l'avait troublée, et laissée un rien amère. Ne sachant que chercher, si ce n'est l'ombre de celui qui laissait de nombreux cadavres d'innocents dans son sillage, Lux se laissa guider par son instinct. Ses doigts tremblaient un peu plus fort à chaque pas, dès qu'elle s'enfonçait plus profondément dans les entrailles de Deyja. Pas parce qu'elle éprouvait de la peur, mais parce que Aureen, encore consciente, en ressentait bien assez pour deux. Pour Aureen, l'aventure avait assez durée. L'oracle de lumière ressentait son désarroi et prenait la pleine mesure de cette crainte qui l'animait dès qu'elle osait un regard sur ses mains agitées. Mais elle, Lux, avait besoin de savoir ce qu'on concoctait en ces terres, et si besoin était, de confronter le fautif. Enveloppée dans un pressentiment à la fois doux et aigre, Lux se contenta de faire profil bas un moment, cachée sous son épais chaperon beige et bleu, avant qu'une série de cris ne vienne l'alerter. Son coeur fit une embardée lorsque l'odeur vicieuse du trépas vint souiller l'atmosphère épicée, et comme elle tremblait de plus belle, elle n'eut aucun mal à deviner qu'Erendieren s'apprêtait à accueillir un nouveau clandestin. Une troupe d'hommes tout de noir vêtu et armés s'était formée autour de l'échoppe d'un marchand de fruits, de sa femme, et d'un enfant de quelques mois au plus. Celui qui était visiblement le chef menaçait de lui ôter la vie du bout de sa lame acérée, refusant d'entendre les implorations du marchand qui n'avait rien demandé. Le pauvre ne devait pas quitter ce monde avant au moins une vingtaine d'années et devait être le père d'enfants à naitre dans les dix prochaines encore. Pourtant, Lux pouvait déjà voir son dernier soupir se poser sur le bord de ses lèvres. « .Stop !. » protesta-t-elle, héroïque, mettant fin à une probable mise à mort, et ce de justesse. Profitant du trouble qu'elle venait de causer, le malheureux se volatilisa avec femme et enfant, après avoir jeté un regard à la fois inquiet et compatissant à l'oracle de lumière. L'ensemble noir se tourna vers elle, prêt à bondir s'il donnait l'ordre, l'homme du fond. Celui qui fit volte-face et planta sur elle un regard intéressé. Grand, brun, les cheveux à peine bouclés, l'oeil aussi sombre que la nuit. Son sang se mit à chauffer, et à couler en elle comme de l'eau bouillante dans des rapides. Figée, elle laissa son coeur crier, et se débattre pour lui. « .C'est toi... » Bouleversée, elle l'était. Pourtant il n'y avait aucune surprise, ni aucun anonymat dans ces retrouvailles. Elle pouvait sentir la présence de l'oracle de l'ombre n'importe où à Erathia, qu'il se trouva dans les tréfonds de Frosgard, ou dans l'impasse voisine. Plus ils se rapprochaient l'un de l'autre, plus son coeur gonflait. D'amour, de nostalgie, de courage, et peut-être un peu d'appréhension, aussi. Mais l'air avait changé lorsqu'elle s'était engagée dans la rue. Une onde l'avait frappée, et s'était logée dans son coeur qui tambourinait à un point tel que c'en devenait insupportable. Haletante, elle le considéra longtemps du regard, trop honteuse qu'elle était d'avoir laissé la crainte l'empêcher de le rejoindre plus tôt – et surtout de son propre gré. Ne sachant pas à quoi elle s'attendait, ou du moins à qui, elle s'était imaginée Nox sous sa forme première et se retrouvait face à un autre. Un autre qu'elle ne pouvait s'empêcher d'aimer malgré qu'il ne soit pas tout à fait … Nox. Il l'était dans l'âme, et dans l'esprit, et c'était à ses yeux amplement suffisant pour attiser l'amour qu'elle ressentait pour lui. Après un long silence, et une contemplation monumentale écrite dans une histoire d'amour millénaire, Lux laissa échapper un soupir. « .Pourquoi ?. » demanda-t-elle, la voix frémissante. Pourquoi s'attaquer à des innocents qui finiraient irrémédiablement à Erendieren, et non aux assassins et autres conspirateurs qui iraient remplir les geôles de Nighon ? Elle voulut lui dire qu'il ne pouvait pas faire ça, mais bien sûr que si, il pouvait. Il pouvait et ne se privait pas de le faire, cela même s'il allait à l'encontre de la nature, et du destin qui viendrait tôt ou tard cueillir le pauvre homme qu'il venait de maltraiter. Lux ne pouvait blâmer Nox pour s'imaginer qu'il pouvait se battre contre la fatalité, et tromper la mort en précipitant ses victimes vers Nighon avant l'heure du jugement dernier. Il l'avait déjà fait. Le simple fait qu'ils puissent de nouveau arpenter ces terres le prouvait bien. Refusant de passer une minute de plus à Deyja, elle n'eut qu'à dessiner un endroit plus propice à ces retrouvailles de tête pour les y transporter d'un battement de cils. Neveryd était encore ce qu'il était encore convenu d'appeler un château. Au moins sur le papier. Pourtant il n'y avait là que des ruines, où une horde de mauvaises herbes s'acharnait à pousser et à dévorer ce qui restait de la maison de Lux. Elle avait choisi cet endroit pour sa symbolique, puisque le château avait été jadis le premier témoin de leur amour naissant, et parce qu'il était assez isolé de Ravenshore pour qu'ils puissent converser sans craindre d'être dérangés. Au terme d'un silence devenu pesant, Lux fit un pas dans sa direction et se planta là, hésitante car ne sachant pas par où ni comment commencer. Un nombre de siècles qu'elle avait arrêté de compter la séparait de lui, et si elle avait longtemps rêvé ces retrouvailles, elle peinait à trouver les mots justes une fois sur le fait. Comme toujours. « .Tu n'as pas répondu à ma question. » finit-elle par souligner, perdue dans son propre foutoir sentimental. L'envie de le toucher, même juste du bout des doigts, était si lancinante qu'elle n'osa même pas le regarder dans les yeux. Il y avait tellement plus important à traiter qu'une question. Ils avaient tant de choses à se dire et si peu de temps pour le faire, que la question qu'elle avait posé à Deyja paraissait complètement dérisoire, même si tout de même importante puisqu'elle reposait sur la mort de plusieurs innocents. Mais chamboulée qu'elle était, elle ne parvenait plus à remettre ses idées en place. Son grand amour n'avait plus été si proche d'elle depuis si longtemps que c'en était devenu injuste. Le tout, leurs vies, leurs conditions, les règles du jeu, étaient devenus injustes.
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MessageSujet: Re: unstoppable. Lun 14 Nov - 22:47

I loved her. Not simply, certainly not passively, but clearly, specifically.  


Le poumon battant d'une ville désolée. Voilà ce qui qualifiait le mieux le marché de Deyja, où âmes perdues croisaient des hommes honnêtes tentant seulement de s'en sortir. La situation de cette capitale brûlante empirait de jour en jour : pauvreté, misère, insécurité grandissante, si bien que l'exode menaçait. Mais pour aller où ? Où donc se rendraient ces hommes tentant désespérément de fuir la menace derrière eux ? Ravenshore, briguée par les pirates ? Caerwyn, terre de gobelins, de malandrins, de fausse tolérance ? Myst, bien au-delà de leurs préoccupations triviales ? Ou mieux encore, Kriegspire, dont les conditions climatiques menaçaient la vie de milliers d'hommes et de créatures ? Darkmoore, tout désolée qu'elle fût, n'avait rien à envier aux autres régions d'Erathia. On pouvait tenter d'en fuir, oui, mais pour quel résultat ? L'avenir ne serait meilleur nulle part, voilà la conclusion à laquelle était arrivée Kaspar. Lui se plaisait dans cet univers de dépravation, où se déchaînait la cruauté des hommes sans autre raison que l'instinct primitif et viscéral. Ici, on ne se battait pas pour obtenir quelque chose, on se battait pour le plaisir de le faire, dans une démonstration de force un rien pathétique, pour tenter de se persuader que l'on était plus grand, plus fort que ce qui menaçait de les exterminer un par un. Si Nox tenait les rênes de son esprit, Kaspar considérait qu'ils formaient davantage un binôme à l'efficacité redoutable. Nox pensait, décidait et Kaspar exécutait docilement avec un plaisir un rien sauvage. L'Oracle de l'Ombre donnait matière à faire perdurer sa réputation de créature malfaisante, maléfique, incarnation de tout ce qu'il y avait de plus sombre sur cette terre. Comme un animal que l'on aurait lâché en pleine nature pour se dégourdir les pattes, Nox ne se faisait pas prier pour répandre derrière lui une traînée de cadavres gorgés de sang. Il choisissait ses victimes de façon aléatoire, puisqu'il était magiquement programmé pour n'être pas doté de conscience humaine, et seule l'intervention de Kaspar permettait à certains de garder la vie sauve. Il agissait comme un garde-fou, le protégeant d'un monde humain qu'il avait connu des millénaires plus tôt mais dont il ne maîtrisait aucun code. Quelle importance, songeait-il ? Ses pouvoirs étaient tels qu'ils le protégeaient de la moindre menace, et il était venu pour cela, n'est-ce pas ? Pour jauger de l'état d'Erathia, et mettre à son service sa protection maléfique ? Profondément corrompu par des siècles d'usage de magie noire, et navré du comportement autodestructeur de l'humain, il tendait souvent à oublier qu'il y avait un projet plus large que celui-ci, et qu'il impliquait pour cela l'autre pendant de sa magie. La lumière à son obscurité. Le bonheur à son désespoir. Le bien à son mal. Lux. Peut-être ses exploits n'étaient-ils là que pour attirer son attention et la ramener à lui ? Si lui se trouvait ici, qu'est-ce qui l'empêchait de venir le rejoindre ? Ses pensées trouvèrent satisfaction plus rapidement qu'il ne l'aurait espéré, rêvé même. Un marchand criblé de dettes s'apprêtait à trouver une mort certaine, et indéniablement méritée – qui était encore assez idiot pour emprunter de l'argent auprès d'un gobelin ? Tout le monde savait bien que leurs intérêts équivalaient à un arrêt de mort – mais trouva son salut par l'intervention d'une femme au visage masqué par un chaperon de beige et de bleu. Son ordre résonna dans un marché où le silence se fit immédiatement, ne laissant qu'un no man's land entre criminels et héroïne déraisonnable. Le marchand en profita pour prendre la fuite, une décision intelligente ne put s'empêcher de noter Nox. Lorsque la vie offrait une deuxième chance inespérée, mieux valait la saisir au vol et ne pas prendre le risque de s'attarder plus que de raison pour voir la suite donnée à l'altercation. Curieux de connaître la raison de cette interruption déplorable, Nox tourna la tête et découvrit pour la première fois les nouveaux traits de sa bien-aimée. A la seconde où leur regard se croisa, il sut qu'elle avait eu le même sentiment de lui : celui d'avoir enfin trouvé la raison de leur présence dans ce monde, la personne qu'ils cherchaient désespérément et ce, sans en avoir le droit. La voix claire de la femme le perturba. Ce n'était pas le souvenir qu'il gardait de celle de Lux, mais là encore, ce n'était pas le seul changement. Aussi blonde que Lux ne l'avait été lorsqu'ils étaient encore humains, elle n'en restait pas moins profondément différente. Il se surprit à chercher dans deux grands yeux bleus l'éclat qu'il voyait dans ceux de Lux mais abandonna lorsqu'elle prit une nouvelle fois la parole. Comment ça, pourquoi ? Les sourcils de Kaspar se froncèrent sous la surprise de Nox. Avait-elle oublié qu'il était aussi sombre qu'elle n'était pure ? Qu'ils formaient l'équilibre parfait, la balance idéale de leur monde, sans lequel tout aurait sombré bien plus tôt ? Le décor désolé de Deyja s'évanouit d'un battement de paupière, et ils se retrouvèrent là où tout avait commencé, des millénaires plus tôt. Ce fameux château, témoin de leur amour naissant, mais aussi vestige brûlant de la colère des hommes. Neveryd n'était plus qu'une ruine indigne de sa magnificence d'antan. L'espace d'une seconde, Nox se demanda pour quelle raison personne n'avait jamais songé à le reconstruire, à lui rendre un soupçon de gloire, mais il supposa que le château devait être protégé par une sorte de magie ancestrale : en-dehors d'eux-deux, peut-être que personne ne pouvait s'y rendre et désacraliser l'endroit. La voix de Lux retentit à nouveau, décuplée par l'écho du vide. « J'ai supposé que ce n'était pas nécessaire » avoua-t-il à demi voix en haussant les épaules. Il lui rendit son regard lancinant, se suffisant à lui-même et incapable de cacher l'intensité de retrouvailles si ardemment désirées depuis si longtemps. La solitude de leur vie était un fardeau lourd à porter, aussi lourd que leur amour inébranlable n'était puissant. « Tu répands le bien, je répands le mal, l'équilibre est préservé, tout ça... » nota-t-il d'un ton égal, presque désintéressé. Le pourquoi du comment il prenait des décisions répréhensibles n'avait pas sa place, pas maintenant, pas après avoir si longtemps attendu pour se retrouver. « Je te préfère dans ton enveloppe originelle. » Le commentaire, malicieux, se termina dans un sourire honnête. « Mais je suis curieux de savoir pourquoi tu l'as choisie elle. Je suppose qu'il y a un peu de ressemblance entre vous, au moins physiquement, mais j'imagine que ce n'était pas la raison principale. » Il badinait, s'empêchant de briser la distance entre eux pour la prendre dans ses bras et goûter à nouveau au plaisir de sentir son cœur battre contre le sien. Si mauvais était-il de façon générale, on n'avait cependant trouvé d'homme plus amoureux, plus dévoué que Nox. Sa force, sa faiblesse tout à la fois. Fort heureusement pour lui, personne n'avait jamais cherché à s'emparer de son pouvoir, ou de son trône (ce qu'il ne pouvait que fort bien comprendre), sans quoi ils n'auraient pas hésité à utiliser contre lui la pureté de sentiments à l'encontre de tout ce qu'il incarnait. Au moins était-ce là la preuve que l'amour n'entrait dans aucune catégorie prédéfinie, ne symbolisait ni bien ni mal, mais quelque chose transcendant les notions dans lesquelles ils étaient depuis si longtemps enfermés.
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